La fable de la tortue

Thursday, July 01, 2010

La tortue et le barbu

Il était une fois une tortue qui roulait sa bosse (elle avait piqué le truc à un dromadaire de ses amis), trainant sa valise, son énorme sacoche d’ordinateur portable de 5 kg et sa carte d’abonnée Air France bleu blanc rouge (euh oui bon à l’époque tout n’était pas encore miniaturisé ou mondialisé).

Un jour le barbu apprit qu’un grand concours était organisé pour rejoindre la bande des rouleurs de bosse car la tortue ne supportait plus le lapin (trop frimeur) et cherchait de nouveaux compagnons. RDV fut pris et rencontre eut lieu. Le barbu s’avança, salua la tortue poliment et respectueusement (la tortue adore ça, détail bien connu de tous les barbus de la planète) et tranquillement, naturellement entreprit de raconter son passé, son présent et son avenir. La tortue pendant ce temps pensait « You had me at hello » (en effet dans son immense sagesse, la tortue pense en anglais, espagnol voire latin surtout quand...mais c’est une toute autre histoire). Le barbu ayant défendu ses couleurs (châtain clair / blond cendré) retourna dans ses pénates pour attendre le résultat. A peine le temps de dire au revoir, pensant « à très bientôt », la tortue était dans le bureau du grand jury pour annoncer le barbu vainqueur du grand concours. Le grand jury perplexe devant tant de certitude l’interrogea : « pourquoi ? ». Sur une impulsion, la tortue eut envie de répondre « Quia ! », mais elle se reprit et comme à son habitude alla droit à l’essentielle vérité : « parce qu’il est bon. » (la vérité vraie ne s’embarrasse point d’exclamation, un point final suffit). Dans son immense clairvoyance, la tortue ne savait pas encore à quel point elle avait raison (bien qu’elle sache avoir raison, ce qui était de toute façon généralement le cas).

Ainsi le barbu lauréat, arriva-t-il dans la bande des rouleurs de bosse, tout auréolé de ce premier succès, prêt à l’action. La tortue lui en donna et il faillit ne pas s’en remettre car cela l’envoya far far far far far far far far far far far away pendant très très très très très très longtemps. A cette époque, le destin semblait avoir décidé de les séparer puisqu’un troupeau de prédateurs dévoreurs de tortue avait élu domicile dans les parages. Les prédateurs n’arrivant pas à dévorer la tortue qui se planquait dans sa carapace se mirent en devoir de disperser la bande, chose qu’ils réussirent sans aucun souci car la destruction est somme toute bien plus facile que la construction. La tortue, fort occupée à éviter les coups de dents ou de nageoires à assommer un mammouth (une des raisons sous-estimée volontairement ou non de leur disparition sur la planète), abandonna donc le barbu qui de son côté eut fort à faire pour éviter l’ensevelissement à tout jamais (il eut le bon goût de ne pas lui tenir rigueur de cet exil, preuve s’il en est de cette finesse d’intelligence, de cœur et de raison qu’il planque habilement dans chaque poil de sa barbe).

Mais alors que l’hallali s’annonçait (roulement de tambourrrrrrrrr), la chasse stoppa net (à la suite d’un traité de protection des rouleurs de bosse limitant la chasse à mort sous peine d’une extinction fatale à la survie même des prédateurs). La tortue et le barbu purent réapparaitre, faisant mentir la légende qui veut qu’un seul phénix n’existe à la fois. La bande des rouleurs de bosse fut reformée petit à petit, plus forte, plus soudée et le barbu en fut un des piliers. Les prédateurs déconcertés, effrayés attendaient le moindre écart, le plus petit faux pas pour leur sauter à la gorge, tout en continuant un travail de sape et de calomnie qui ne déparerait pas la une de « Voici » (la tortue en a encore des envies de régurgiter ses feuilles de salade en y repensant…).

Une vraie complicité et amitié naquit de ces moments de lutte, ainsi que quelques plans vicieux et tortueux pour affoler un peu plus les prédateurs et déclencher nombre éclats de rire chez le duo (car si la tortue a un sens de l’humour plus que développé, le barbu…n’est pas en reste !). Durant cette période, la tortue observait le barbu, fascinée, admirative, enthousiaste. De fort il devint indestructible, et de bon il devint meilleur. Ceux à qui le barbu donne son amitié sont riches d’un trésor inextinguible. Il y a des années et des châteaux qui donnent des crûs d’exception… (vous avez beau dire, y'a pas seulement que de la pomme, y'a aut'chose. Ça serait pas dès fois de la betterave, hein ?)

Mais voilà toutes les belles histoires ont une fin…encore que… celle-ci reste heureusement à écrire, et il y a encore plein de chapitres à remplir. Si la géographie s’en mêle, la technologie (qui rend enfin les sacoches de portable portables) s’emmêle aussi les tuyaux du réseau. Et ce ne sont pas 8626 km qui vont réussir là où une dizaine de tocards aux dents longues, à la cervelle rabougrie et à la vue basse ont échoué (grogneugneu ! aka menfin !)

La tortue salue son ami, lui sourit, lui dit merci et lui donne RDV sur la sphère. Yippee-Ki-Yay :))

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