La fable de la tortue

Wednesday, August 23, 2006

La tortue et l'écureuil (1)

Il y a quelques semaines de ça, mon pote l'écureuil m'a invité à venir lui rendre visite. Il habite en Arizona, un petit terrier sympa dans un canyon de la région. Avant le départ, j'avais repéré l'adresse comme d'habitude, histoire de ne pas me perdre - et super facile, il n'y en a qu'un canyon en Arizona : LE Grand Canyon. Me voilà partie, avec un petit coucou, pour aller le rejoindre.
Arrivée là-bas ça c'est un peu corsé parce que LE Grand Canyon en fait c'est :
- pas juste 1 canyon, mais 445 kilomètres de canyons et falaises toutes plus belles les unes que les autres,
- entre 1300 et 2000 mètres de profondeur (ok je frime un peu avec les chiffres mais c'est abracadabrantesque !)
- des couleurs changeantes : du vert, du rouge, du blanc (tiens ces couleurs me rappellent quelque chose...), du marron, du doré, du gris, du bleu...

A ce moment là, je me suis dit : "Woaw!". Je me le suis même répété plusieurs fois parce que je ne trouvais pas grand chose d'autre à dire. Et c'est suffisamment rare - pour ceux qui me connaissent - pour le signaler. D'abord on se sent tout petit (mon mètre 56 et demie ne pouvait certes pas lutter longtemps), mais pas écrasé, non car ce qui vient en tête c'est la majesté du lieu, une espèce de classe et de mystère tout à la fois. Et puis on prend conscience qu'on a là devant les yeux le témoignage évident de LA Grande échelle du temps : les siècles, les millénaires, tout ce temps qu'il a fallu au fleuve Colorado pour creuser son chemin dans ces roches gigantesques. David contre Goliath, surtout quand on voit le filet d'eau qu'il reste en plein été. Que de lacets tortueux et de patience ! Un travail de titan !

Et l'homme dans tout ça, cette petite chose agitée et éphémère ? Comme d'habitude il a essayé de récupérer la paternité de cet endroit grandiose:
- créé le Parc National du Grand Canyon avec des arbres, des routes goudronnées, des aérodromes (après avoir massacré et /ou chassé les indiens de la région) et un péage (euh et des hôtels / restaurants et boutiques de souvenirs mais pas trop quand même),
- pollué le site par les survols en avion ou hélicoptère, les descentes du Colorado en bateau à moteurs ou la traversée du parc en super bus climatisé et autres 4x4 bondissants,
- oublié les squelettes de quelques touristes inconscients pour ne pas dire stupides en train de blanchir sur les pentes escarpées,
- et surtout déclaré le site comme Patrimoine de l'Humanité en 1979 - comme si l'humanité y était pour quelque chose !

Quand je revois les photos de ce périple, je me revois dans ce lieu grandiose et ça me calme de suite - on est si peu de choses. Le 9 juillet 2006 restera toujours un grand jour pour moi.
Et mon pote l'écureuil me direz-vous ? Et bien, comme il s'est douté que j'aurais du mal à trouver son terrier, on s'est retrouvé sur la corniche et on a profité ensemble de la vue inoubliable qui s'offrait à nous.

Devant un tel spectace, on peut trouver surprenant que les 7 merveilles du monde soient des créations humaines - dont d'ailleurs 1 seule existe encore aujourd'hui. En même temps, avez-vous déjà vu un rocher orgueilleux ?

C'est la morale de mon histoire.
Take care !

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